Définitions

A

Actinide : L’un des 15 éléments transuraniens dont le numéro atomique est compris entre 89 et 103. Il doit son nom à l’actinium, l’actinide ayant le numéro atomique le plus faible.

Activité : Taux de désintégration d’une matière radioactive. Exprimé en becquerels.

ALARA : Acronyme de l’expression anglaise « As Low As Reasonably Achievable » renvoyant à l’exposition au rayonnement des personnes et de l’environnement. Le principe ALARA s’applique aux procédés et aux mesures de protection utilisés dans le cadre de la manutention des matières radioactives. La délivrance de permis pour ces activités prend en compte les facteurs économiques déterminant la faisabilité des mesures de protection, ainsi que les avancées technologiques et l’évolution des considérations sociétales.

Alliage de zirconium : Groupe d’alliages métalliques (notamment le groupe d’alliages dont la marque de commerce est Zircaloy) utilisé dans la fabrication de tubes destinés à contenir les pastilles de combustible d’uranium, lesquelles font partie d’une grappe de combustible dans un réacteur.

Alternateur : Appareil électromagnétique qui convertit l’énergie mécanique (comme la rotation d’une turbine) en énergie électrique. La plupart des gros alternateurs sont entraînés par des turbines à vapeur ou hydrauliques.

Atome : Particule de matière ne pouvant être fragmentée par un processus chimique. L’atome comporte un noyau composé de protons, de charge positive, et de neutrons, sans charge. La charge positive des protons est équilibrée par un nombre égal d’électrons, de charge négative, qui gravitent autour du noyau. Un atome qui perd ou gagne des électrons est appelé « ion ».

B

Barre de commande : Dans le cœur du réacteur, dispositif absorbant les neutrons que l’on peut enfoncer afin de ralentir ou d’interrompre la réaction en chaîne ou retirer afin de l’accélérer.

Becquerel (Bq) : Unité SI de mesure de la radioactivité intrinsèque d’une matière. Un becquerel (Bq) correspond à une désintégration par seconde. Comme il s’agit d’une très faible quantité, on mesure généralement la radioactivité en gigabecquerel (GBq) ou en térabecquerel (TBq). Une autre unité de mesure de la radioactivité, le curie, équivaut à 37 milliards de becquerels.

Blindage : Dispositif d’isolation qui absorbe le rayonnement ionisant pour protéger les personnes ou le matériel.

C

Calandre : Dans un réacteur à eau lourde sous pression, cuve de réacteur cylindrique renfermant l’eau lourde qui sert de modérateur. Elle est traversée par des centaines de tubes de force contenant les grappes de combustible et le caloporteur.

Caloporteur : Liquide ou gaz circulant dans un réacteur nucléaire pour acheminer la chaleur du cœur du réacteur aux générateurs de vapeur ou directement aux turbines. Il peut s’agir d’eau ordinaire, d’eau lourde, d’air, de dioxyde de carbone, d’hélium, de sodium liquide ou d’un alliage sodium-potassium.

CANDU : Acronyme de « CANadian Deutérium Uranium » désignant un type de réacteur qui utilise de l’eau lourde comme modérateur et caloporteur. C’est le type de réacteur à eau lourde sous pression le plus courant.

Carbone (C) : Élément répandu dont le numéro atomique est 6. Combiné avec d’autres éléments, par exemple l’hydrogène ou l’oxygène, le carbone forme des composés organiques. Il est présent dans la nature à l’état pur sous forme de diamant et de graphite et à l’état impur sous forme de charbon.

Centrale nucléaire : Installation de production d’électricité utilisant un réacteur nucléaire comme source de chaleur pour générer la vapeur nécessaire pour actionner des turbines.

Centrifugation gazeuse : Méthode d’enrichissement consistant à faire tourner très rapidement des cylindres renfermant de l’hexafluorure d’uranium (UF6), ce qui projette vers l’extérieur de la centrifugeuse les atomes d’uranium 238, qui sont plus lourds, tandis qu’une concentration légèrement plus élevée d’uranium 235 reste au centre. On récupère le gaz enrichi, puis on répète le procédé à de nombreuses reprises jusqu’à ce que la teneur en uranium 235 visée soit atteinte.

Chaîne de désintégration : Séquence des isotopes formés par une série de désintégrations à partir d’un radio-isotope instable et permettant d’obtenir ainsi un isotope stable moins énergétique.

Charge de base : Portion de la demande d’électricité qui est continue et ne varie pas sur une période de 24 heures. Elle est à peu près équivalente à la charge quotidienne minimale.

Cœur du réacteur : Portion centrale d’un réacteur nucléaire, qui renferme les grappes de combustible, le modérateur, le caloporteur, les barres de commande et les structures de soutien. C’est dans le cœur du réacteur que se produit la fission.

Combustible fossile : Matière à base de carbone (par exemple le charbon, le gaz ou le mazout) dérivée de matière organique. Il produit de l’énergie lorsqu’il est brûlé avec l’oxygène.

Combustible irradié : Grappes de combustible retirées d’un réacteur nucléaire après plusieurs années d’utilisation.

Combustible MOX : Type de combustible utilisé dans un réacteur, composé d’oxydes d’uranium et de plutonium. Comprend généralement environ 5 % de plutonium, lequel constitue le principal composant fissile.

Compteur Geiger-Mueller (ou compteur Geiger) : Gros tube rempli de gaz renfermant des électrodes, entre lesquels circule une tension électrique mais aucun courant, permettant de détecter et de mesurer le rayonnement. Lorsque le rayonnement ionisant traverse le tube, l’impulsion de courant courte et intense qui circule de l’électrode négatif à l’électrode positif est mesurée ou comptée. Le nombre d’impulsions par seconde mesure l’intensité du champ de rayonnement.

Concentration : Procédé par lequel on extrait les minéraux du minerai, généralement sur le site de la mine, pour produire un concentré de minéraux destiné à la vente. Dans le cas de l’extraction de l’uranium, on produit le plus souvent de l’octaoxyde de triuranium (U3O8) à partir du minerai d’uranium.

Concentré d’oxydes d’uranium : Mélange d’oxydes d’uranium (principalement de l’octaoxyde de triuranium [U3O8], mais aussi du dioxyde d’uranium [UO2] et du trioxyde d’uranium [UO3]) produit après la concentration du minerai d’uranium extrait d’une mine. De couleur kaki, il est couramment appelé « yellowcake ». L’uranium est généralement vendu sous cette forme.

Condenseur : Gros échangeur de chaleur qui maintient la vapeur d’échappement d’une turbine à une température inférieure au point d’ébullition pour permettre de la réacheminer à la source de chaleur sous forme d’eau.

Conversion : Processus transformant le trioxyde d’uranium (UO3) en dioxyde d’uranium (UO2) en vue de son utilisation dans un réacteur à eau lourde ou en hexafluorure d’uranium (UF6) en vue de l’enrichissement avant son utilisation dans un réacteur à eau ordinaire.

Criticité : État permettant le maintien d’une réaction en chaîne. Il s’agit de la condition normale d’exploitation d’un réacteur nucléaire.

Curie (Ci) : Unité de mesure de l’intensité de la radioactivité dans un échantillon de matière. Un Ci équivaut à 37 milliards de désintégrations par seconde ou 37 milliards de becquerels.

Cycle du combustible nucléaire : Série d’opérations associées à l’approvisionnement en combustible pour un réacteur nucléaire, c’est-à dire l’extraction, la concentration, le raffinage, l’enrichissement, la fabrication du combustible, la production d’électricité, le stockage, le retraitement et l’élimination.

D

Déchet : Toute matière associée à des installations nucléaires qui demeure ou pourrait demeurer radioactive pendant une certaine période après son utilisation, allant du combustible irradié aux vadrouilles servant à nettoyer les installations. Les mesures de sûreté et de sécurité appliquées varient selon qu’il s’agit de déchets de haute activité, de déchets de moyenne activité ou de déchets de faible activité.

Déchet de faible activité : Matière légèrement radioactive qui présente un très faible risque pour les personnes et l’environnement. Généralement éliminé par incinération et enfouissement.

Déchet de haute activité : Matière hautement radioactive issue de la fission nucléaire. Il peut s’agir du résidu du retraitement du combustible irradié, mais certains pays considèrent le combustible irradié lui-même comme un déchet de haute activité. Les déchets de ce type doivent être manutentionnés, stockés et éliminés avec le plus grand soin.

Déchet de moyenne activité : Matière qui reste après le retraitement de substances nucléaires ou le déclassement d’installations nucléaires. Elle est suffisamment radioactive pour nécessiter un blindage et est stockée dans des installations artificielles souterraines.

Déclassement : Mise hors service permanente d’une installation nucléaire, y compris la décontamination visant à réduire la radioactivité résiduelle ainsi que les interventions subséquentes pour le stockage sécuritaire des matières radioactives, le démantèlement de l’installation et la remise en état du site (si c’est possible) visant à en permettre une utilisation sans restrictions.

Défense en profondeur : Ensemble de dispositions prises dans le cadre de la conception et de l’exploitation des installations nucléaires pour prévenir les accidents et en atténuer l’ampleur. Il s’agit d’utiliser des mécanismes de protection multiples et redondants, notamment des contrôles d’accès, des barrières matérielles, des fonctions de sûreté clés redondantes et variées ainsi que des mesures d’intervention d’urgence, pour éviter que la défaillance d’un mécanisme ne puisse causer un accident.

Dépôt : Site de stockage permanent des déchets radioactifs.

Désintégration : Transformation spontanée d’un radio-isotope en un ou plusieurs isotopes différents caractérisée par l’émission d’un rayonnement. Ce terme désigne également la diminution exponentielle de la radioactivité d’une matière à mesure que ses noyaux se désintègrent pour former des noyaux plus stables.

Deutérium : Isotope stable de l’hydrogène (aussi appelé « hydrogène lourd ») dont le noyau renferme un proton et un neutron. L’hydrogène ordinaire, dont le noyau renferme un proton mais aucun neutron, est 6 500 fois plus répandu que le deutérium dans la nature.

Diffusion gazeuse : Méthode d’enrichissement consistant à pousser l’hexafluorure d’uranium (UF6), qui est un gaz, à travers des membranes semi-perméables. Puisque l’uranium 235, plus léger, a un peu plus de chances de traverser une membrane, l’utilisation de nombreuses membranes permet de séparer une partie de l’uranium 238, plus lourd, et de produire ainsi du UF6, qui a une teneur en uranium 235 plus élevée.

Dioxyde de carbone (CO2) : Gaz incombustible incolore et inodore présent à l’état naturel dans l’atmosphère et émis par les activités humaines. Il s’agit du principal gaz à effet de serre émis au cours de la combustion des combustibles fossiles comme le charbon, le gaz ou le mazout.

Dioxyde d’uranium (UO2) : Forme chimique sous laquelle l’uranium est le plus couramment utilisé comme combustible dans un réacteur nucléaire.

Dose : Quantité d’énergie transportée par un rayonnement ionisant et absorbée par un tissu. La dose de rayonnement peut se mesurer en grays (Gy), unité de mesure équivalant à un joule par kilogramme de matière irradiée mais, pour obtenir une mesure pratique de la dose, on ajuste la valeur en fonction des effets des différents types de rayonnement. Le sievert (Sv) est donc l’unité de dose équivalente utilisée pour établir les normes d’exposition.

Dosimètre : Petit dispositif portable porté par les personnes qui travaillent dans une installation nucléaire pour mesurer et consigner leur dose de rayonnement ionisant cumulative.

E

Eau lourde : Eau dont la teneur en molécules contenant des atomes de deutérium est élevée. L’eau lourde est utilisée comme modérateur dans certains réacteurs nucléaires, car elle ralentit les neutrons de façon efficace et est peu susceptible d’absorber des neutrons.

Eau ordinaire : Eau (H20) dont la teneur en atomes d’hydrogène par rapport aux atomes de deutérium est normale, par opposition à l’eau lourde.

Électron : Particule élémentaire possédant une charge négative égale à la charge positive d’un proton et une masse représentant 1/1 837 de celle d’un proton. L’électron gravite autour du noyau de l’atome, de charge positive, et détermine ses propriétés chimiques.

Élément : Substance chimique (comme le carbone ou le thorium) ne pouvant être décomposée en substances plus simples par un procédé chimique. Chaque élément peut avoir plusieurs isotopes, dont le noyau renferme le même nombre de protons, mais un nombre différent de neutrons.

Élément transuranien : Élément très lourd d’origine artificielle formé par capture de neutrons et éventuellement désintégration bêta subséquente. Tous les éléments transuraniens ont un numéro atomique supérieur à celui de l’uranium (92) et sont radioactifs. Le neptunium, le plutonium, l’américium et le curium sont les plus connus.

Énergie atomique : Synonyme d’énergie nucléaire.

Énergie nucléaire : Énergie libérée par une réaction nucléaire ou une désintégration. Les réacteurs nucléaires utilisent la réaction nucléaire connue sous le nom de fission pour produire de l’énergie, d’ordinaire sous forme de chaleur, qui génère de la vapeur pour actionner des turbines.

Enrichissement : Procédé consistant à accroître la teneur en uranium 235 par rapport à l’uranium 238.

Extraction : Procédé consistant à retirer des minéraux ou du minerai à la surface de la Terre ou sous terre. Les modes d’extraction les plus courants sont l’exploitation à ciel ouvert, l’exploitation souterraine et la récupération sur place, qui fait appel à la lixiviation chimique des minéraux contenus dans la roche sans excavation physique.

F

Fertile : Se dit d’un isotope (comme l’uranium 238 ou le plutonium 240) susceptible de devenir fissile en capturant des neutrons. La capture neutronique est parfois suivie d’une désintégration.

Fissile : Se dit d’un isotope (comme l’uranium 235, l’uranium 233 ou le plutonium 239) susceptible de capturer des neutrons lents et de subir une fission nucléaire.

Fission : Division d’un noyau lourd en deux noyaux plus petits, accompagnée par l’émission d’énergie et généralement d’au moins un neutron. Elle peut être spontanée, mais elle découle généralement de l’absorption d’un neutron par un noyau, qui devient alors instable.

Fissionable : Se dit d’un isotope susceptible de subir une fission. Les isotopes fissionables qui capturent des neutrons lents sont dits « fissiles ».

Fusion : Réaction nucléaire où deux noyaux atomiques s’assemblent. Il s’agit essentiellement de l’opposé de la fission, qui consiste à diviser des noyaux. La fusion génère de grandes quantités d’énergie, mais on ne la maîtrise pas encore pour permettre de l’exploiter de manière pratique dans l’industrie.

G

Gaz à effet de serre (GES) : Gaz dans l’atmosphère terrestre qui absorbe et renvoie le rayonnement thermique à la surface de la Terre, contribuant ainsi au réchauffement planétaire. Le dioxyde de carbone, le méthane et la vapeur d’eau sont les principaux gaz à effet de serre.

Générateur de vapeur : Composant de certains types de réacteur nucléaire, dans lequel de l’eau très chaude sous pression est acheminée à un échangeur de chaleur pour produire de la vapeur dans un circuit secondaire afin d’actionner une turbine.

Graphite : Forme de carbone, que l’on trouve surtout dans les mines de crayon. Un graphite très pur est utilisé comme modérateur, principalement dans les réacteurs refroidis au gaz, mais aussi dans les très puissants réacteurs à canaux de conception soviétique.

Grappe de combustible (ou assemblage combustible ou élément combustible) : Ensemble structuré formé de tubes métalliques longs et fins contenant les pastilles de combustible d’uranium, qui est chargé dans un réacteur nucléaire pour produire l’énergie.

Gray (Gy) : Unité de mesure de la dose de rayonnement absorbée équivalant à un joule par kilogramme de tissu.

H

Hexafluorure d’uranium (UF6) : Composé d’uranium à l’état gazeux au-dessus de 56 °C, ce qui lui confère une forme pratique pour l’enrichissement par diffusion gazeuse ou centrifugation gazeuse.

I

Instable : Caractéristique d’un isotope susceptible de subir une désintégration spontanée.

Ion : Atome ou molécule ayant une charge électrique en raison de la perte ou du gain d’électrons.

Ionisation : Création d’ions par addition ou soustraction d’électrons à des atomes ou à des molécules. Une température élevée, une décharge électrique ou un rayonnement peuvent causer une ionisation.

Irradiation : Exposition de matière à un rayonnement ionisant. Une irradiation excessive peut endommager la matière, y compris le tissu vivant. Une irradiation de longue durée de composants d’un réacteur nucléaire peut les rendre radioactifs. L’irradiation a des applications bénéfiques, par exemple pour le traitement du cancer ou la stérilisation des instruments médicaux.

Isotope : Forme d’un élément atomique possédant un nombre distinct de neutrons, mais le même nombre de protons que les autres isotopes du même élément. Les différents isotopes d’un élément (par exemple l’uranium 235 et l’uranium 238) ont une masse atomique différente. Certains isotopes sont instables et subissent une désintégration pour former ainsi des isotopes d’autres éléments.

M

Masse critique : Quantité minimale de matière fissile nécessaire pour entretenir une réaction en chaîne nucléaire.

Matière fertile : Uranium ou thorium ou toute combinaison de ces éléments, sous n’importe quelle forme physique ou chimique, ou minerai en renfermant au moins 0,05 % en masse.

Mégawatt (MW) : Unité de mesure de la puissance équivalant à un million de joules par seconde. Comme cette unité peut s’appliquer à tout type d’énergie, on utilise généralement le mégawatt électrique (MWe) comme unité de mesure de la puissance électrique d’une centrale nucléaire. La puissance thermique (chaleur) d’une centrale peut s’exprimer en mégawatts thermiques (MWt), dont le nombre équivaut généralement à trois fois le nombre de mégawatts électriques.

Minerai d’uranium : Tout minerai dont on peut extraire de l’uranium.

Modérateur : Matière, par exemple de l’eau ordinaire, de l’eau lourde ou du graphite, utilisée dans un réacteur nucléaire pour ralentir les neutrons rapides et favoriser ainsi des collisions avec des noyaux plus légers et provoquer par le fait même la fission.

N

Neutron : Particule sans charge présente dans le noyau des atomes, accompagnée de protons, lesquels ont une masse légèrement plus petite et une charge positive. Les réactions de fission émettent des neutrons se déplaçant à des vitesses variables et pouvant provoquer la fission d’autres atomes. Les neutrons lents (thermiques) peuvent facilement provoquer une fission dans le noyau des isotopes fissiles, tandis que les neutrons rapides peuvent en provoquer une dans le noyau des isotopes fertiles.

Neutron lent : Neutron issu de la fission dans un réacteur nucléaire qui est ralenti par un modérateur.

Neutron rapide : Neutron qui, après avoir été libéré au cours de la fission, perd très peu d’énergie en entrant en collision avec d’autres neutrons.

Noyau : Partie centrale de charge positive d’un atome.

Nucléide : Tout isotope, soit l’un des 279 isotopes stables ou des quelque 2 700 isotopes instables.

Numéro atomique : Nombre de protons, de charge positive, dans le noyau d’un atome.

P

Particule alpha : Particule de charge positive émise par le noyau d’un atome au cours de la désintégration. Une particule alpha est un noyau d’hélium renfermant deux protons et deux neutrons. Elle a un faible pouvoir de pénétration et peut être bloquée par une feuille de papier.

Particule bêta : Particule émise par un atome au cours de la désintégration. La plupart des particules bêta sont des électrons, mais il peut aussi s’agir de positrons. Les particules bêta ont un plus grand pouvoir de pénétration que les particules alpha, mais elles peuvent être bloquées par une mince feuille de métal ou de plastique. En grande quantité, ces particules peuvent causer des brûlures cutanées.

Pastille de combustible : Petit cylindre, mesurant environ de 10 à 13 mm de longueur et de 8 à 13,5 mm de diamètre, renfermant de la poudre de dioxyde d’uranium (UO2) compactée. On empile les pastilles de combustible dans des tubes, qui sont ensuite regroupés de manière à former une grappe de combustible qui sera chargée dans un réacteur nucléaire.

Période radioactive : Temps nécessaire pour que la moitié des atomes d’un radio-isotope se désintègrent et deviennent un isotope d’un autre élément. La période radioactive va de millionièmes de seconde à des milliards d’années.

Petit réacteur modulaire : Réacteur nucléaire qui est conçu de manière à être construit de façon économique en usine (et non sur place) et dont la puissance est de l’ordre d’environ 10 à 300 MWe.

Photon : Quantité discrète d’énergie émise sous forme de rayonnement électromagnétique (aussi appelée « quantum »). Les photons possèdent certaines caractéristiques des ondes, mais également des particules. La lumière visible, les rayons gamma et les rayons X sont des photons.

Plutonium (Pu) : Élément artificiel radioactif et lourd dont le numéro atomique est 94. Du plutonium se forme dans un réacteur nucléaire sous l’effet de la capture de neutrons. Le plutonium compte plusieurs isotopes, dont certains sont fissiles et certains se désintègrent par fission spontanée en libérant des neutrons. Environ le tiers de l’énergie produite dans un réacteur à eau ordinaire est libérée par la fission du plutonium 239, principal isotope de valeur récupéré lors du retraitement du combustible irradié.

Positron : Particule de même masse que l’électron et ayant une charge opposée. Électron positif.

Préparation aux situations d’urgence : Programmes, plans, formation, exercices et ressources nécessaires pour préparer le personnel d’urgence à détecter et à évaluer les situations d’urgence et à intervenir rapidement.

Proton : Particule nucléaire de charge positive se trouvant dans le noyau d’un atome.

R

Radioactivité : Propriété que possèdent certains isotopes de se transformer par la désintégration spontanée de leur noyau, ce qui entraîne l’émission d’ondes électromagnétiques (par exemple des rayons gamma) ou de particules (par exemple des particules alpha et des particules bêta). Les unités de mesure de la radioactivité sont le curie (Ci) et le becquerel (Bq).

Radiographie : Procédure utilisant des sources scellées de rayonnement ionisant pour examiner la structure de matières sans les détruire. En traversant la matière, le rayonnement produit sur un film radiographique placé derrière la matière une image semblable à une ombre, qui peut révéler la structure de la matière, y compris les défauts et les irrégularités.

Radio-isotope, radionucléide : Isotope instable d’un élément qui subit une désintégration spontanée et provoque ainsi l’émission de rayonnement.

Radiothérapie : Utilisation de rayonnement ionisant pour traiter une maladie chez un patient. La plupart des procédures de radiothérapie ont pour objet de détruire un tissu cancéreux ou de réduire la taille d’une tumeur, mais les doses thérapeutiques peuvent aussi viser à atténuer la douleur ou à traiter des troubles bénins.

Radium (Ra) : Élément métallique hautement radioactif dont le numéro atomique est 88. Produit issu de désintégration de l’uranium et souvent présent dans le minerai d’uranium. Le radium compte plusieurs radio-isotopes, dont le radium 226, qui se transforme en radon 222 en se désintégrant.

Radon (Rn) : Gaz radioactif lourd dont le numéro atomique est 86. Le radon 222, produit issu de la désintégration du radon 226, est émis par les roches renfermant du radium (ou du thorium). En raison de son poids, le radon peut s’accumuler dans le sous-sol des bâtiments situés à proximité de ces roches. Pour détecter le radon dans une habitation, on peut faire appel à un professionnel ou utiliser une trousse vendue dans le commerce.

Raffinage : Série de procédés chimiques éliminant les impuretés de l’octaoxyde de triuranium (U3O8) et le convertissant en trioxyde d’uranium (UO3).

Rayon X : Rayonnement électromagnétique (photons) qui a un bon pouvoir de pénétration et dont les ondes sont beaucoup plus courtes que celles de la lumière visible mais plus longues que celles des rayons gamma. On produit généralement les rayons X en excitant les électrons qui gravitent autour de certains noyaux. Les photons éjectés par le noyau dans une réaction nucléaire sont généralement appelés « rayons X ».

Rayonnement : Émission et propagation d’énergie sous forme d’ondes électromagnétiques ou de particules.

Rayonnement cosmique : Forme naturelle de rayonnement ionisant, composé de particules et de rayons cosmiques, émis par le Soleil et les étoiles. Le rayonnement cosmique est un élément du rayonnement naturel.

Rayonnement ionisant : Rayonnement assez énergétique pour rompre des liaisons chimiques et déplacer les électrons dans des atomes, ce qui crée des ions et peut endommager les matières, y compris les tissus vivants. Les particules alpha, les particules bêta et les rayons gamma sont les types de rayonnement ionisant émis au cours de processus nucléaires.

Rayonnement naturel : Rayonnement ionisant d’origine naturelle auquel est exposée toute personne. Ce rayonnement est émis par la désintégration naturelle d’éléments radioactifs (principalement dans l’écorce terrestre), le radon dans l’air et les rayons cosmiques qui pénètrent dans l’atmosphère terrestre.

Rayons gamma : Type de rayonnement ionisant très énergétique émis au cours de la fission, accompagné de particules alpha et de particules bêta. Le rayon gamma est une onde et non une particule. Il a un grand pouvoir de pénétration et peut être bloqué le mieux par des matières denses, comme le plomb ou l’uranium appauvri.

Réacteur à eau bouillante (REB) : Type courant de réacteur à eau ordinaire, où l’eau est portée à ébullition dans le cœur du réacteur. La vapeur ainsi générée actionne les turbines, qui entraînent les alternateurs pour produire l’énergie électrique.

Réacteur à eau lourde : Type de réacteur nucléaire utilisant de l’eau lourde comme caloporteur ou modérateur.

Réacteur à eau lourde sous pression (RELP) : Type de réacteur qui utilise de l’eau lourde comme modérateur et caloporteur. Les réacteurs CANDU sont le type de RELP le plus répandu.

Réacteur à eau ordinaire (REO) : Type répandu de réacteur nucléaire qui utilise de l’eau ordinaire comme caloporteur et souvent comme modérateur. Principalement des réacteurs à eau bouillante et des réacteurs à eau sous pression.

Réacteur à eau ordinaire modéré au graphite (REOMG) : Type de réacteur utilisé en Russie, utilisant de l’eau ordinaire comme caloporteur et du graphite comme modérateur.

Réacteur à eau sous pression (REP) : Type de réacteur à eau ordinaire le plus répandu. Les REP utilisent la fission pour chauffer l’eau, qu’ils maintiennent à une très haute pression pour l’empêcher de bouillir. L’eau chaude sous pression porte à ébullition l’eau circulant dans des tuyaux distincts et la vapeur ainsi générée actionne les turbines.

Réacteur nucléaire : Principal composant d’une centrale nucléaire, dans lequel une réaction en chaîne de fission nucléaire se déroule dans des conditions contrôlées, générant de la chaleur utilisée pour générer la vapeur nécessaire pour actionner des turbines ou émettant un rayonnement (par exemple des faisceaux de neutrons) pour des applications industrielles ou scientifiques.

Réacteur refroidi au gaz : Type de réacteur répandu au Royaume-Uni utilisant du dioxyde de carbone comme caloporteur et du graphite comme modérateur.

Réacteur thermique (ou surgénérateur thermique) : Réacteur nucléaire dans lequel la réaction en chaîne est entretenue principalement par les neutrons lents et qui a donc besoin d’un modérateur. Tous les réacteurs commerciaux sont des réacteurs thermiques.

Réaction en chaîne : Réaction auto-entretenue. Dans une réaction nucléaire en chaîne, la fission d’un noyau atomique (par exemple d’uranium 235) libère des neutrons pouvant être absorbés par d’autres noyaux fissionables, qui peuvent aussi se fissionner et libérer d’autres neutrons. Si le nombre de neutrons libérés est supérieur à celui des neutrons perdus ou absorbés par d’autres matières, on dit que la réaction en chaîne a atteint la criticité.

Récupération sur place : Extraction, par lixiviation chimique, de minéraux provenant d’un gisement de minerai poreux sans excavation physique. Technique également connue sous le nom « lixiviation sur place » ou d’« extraction par dissolution ».

Ressource renouvelable : Ressource d’énergie naturelle pouvant être régénérée ou utilisée en continu. Les ressources renouvelables exploitées le plus couramment sont la biomasse, l’énergie hydraulique, l’énergie géothermique, l’énergie solaire et l’énergie éolienne. Dans l’avenir, des technologies plus pratiques pour exploiter les ressources renouvelables telles que l’énergie thermique des océans, l’énergie houlomotrice et l’énergie marémotrice pourraient être plus largement adoptées.

Retraitement : Procédé visant à récupérer dans le combustible irradié l’uranium résiduel ou le plutonium (sous-produit), qui demeurent des sources d’énergie utiles.

S

Salle de commande : Local dans une centrale nucléaire à partir duquel la plupart de l’équipement de production d’électricité et les systèmes de sûreté peuvent être télécommandés.

Sievert (Sv) : Unité de mesure des dommages biologiques causés par une dose de rayonnement, qui est mesurée en grays (Gy). Un gray de rayonnement émis par des particules bêta ou des rayons gamma produit un effet biologique de 1 sievert (Sv), comparativement à 10 Sv pour un gray de rayonnement émis par des neutrons et à 20 Sv pour un gray de rayonnement émis par des particules alpha.

Source scellée : Toute matière radioactive ou tout sous-produit radioactif enfermée dans une capsule spécialement conçue de manière à empêcher sa fuite ou sa dispersion.

Stable : Caractéristique d’un isotope non susceptible de subir une désintégration spontanée.

Stérile : Roche broyée restant après l’extraction d’un minéral utile, par exemple l’oxyde d’uranium, contenu dans un minerai.

Surgénérateur à neutrons rapides (SNR) : Type de réacteur configuré de manière à produire davantage de matière fissile qu’il en consomme, en utilisant une matière fertile, par exemple de l’uranium appauvri dans couche fertile autour du cœur du réacteur.

Surgénération : Création de noyaux fissiles, généralement à la suite de la capture de neutrons. Ce processus donne parfois lieu à une désintégration.

T

Thorium (Th) : Élément transuranien radioactif qui est présent à l’état naturel dans l’écorce terrestre et dont le numéro atomique est 90. Le thorium 232, son isotope le plus répandu, est fertile et peut être utilisé dans certains réacteurs thermiques.

Tritium : Radio-isotope de l’hydrogène. Tout comme celui de l’hydrogène et du deutérium, le noyau du tritium renferme un proton, mais ses deux neutrons lui confèrent une plus grande masse et le rendent instable. Puisque la composition chimique du tritium est identique à celle de l’hydrogène naturel, il peut facilement être absorbé dans le corps. Le tritium se désintègre en émettant des particules bêta et sa période radioactive est d’environ 12,5 ans.

Tube de force : Cylindre formant l’élément central de chaque canal de combustible et renfermant le caloporteur qui évacue la chaleur dégagée par la réaction nucléaire. Un réacteur à eau lourde sous pression comporte un ensemble de tubes de force.

Turbine : Dispositif rotatif comprenant une série d’aubes incurvées sur un arbre tournant, généralement actionné par de l’eau ou de la vapeur. Considérée comme le moyen le plus économique d’entraîner un alternateur.

U

Uranium (U) : Élément métallique lourd faiblement radioactif dont le numéro atomique est 92. Présent à l’état naturel dans l’écorce terrestre, l’uranium comporte deux isotopes qui sont fissiles (uranium 235 et uranium 233) et deux qui sont fertiles (uranium 238 et uranium 234). L’uranium est le combustible de base pour la production d’énergie nucléaire.

Uranium appauvri : Uranium dont la teneur en uranium 235 est inférieure à son niveau naturel (0,7 % en masse). Obtenu en tant que sous-produit de l’enrichissement dans le cycle du combustible nucléaire, il renferme généralement de 0,25 à 0,30 % d’uranium 235, le reste étant de l’uranium 238. On peut mélanger l’uranium appauvri avec de l’uranium hautement enrichi (UHE) afin de fabriquer du combustible pour un réacteur nucléaire.

Uranium enrichi : Uranium dont la teneur en uranium 235 a été augmentée au-dessus de son niveau naturel (0,7 %). L’uranium de qualité civile est généralement enrichi pour atteindre une teneur en uranium 235 de l’ordre de 3 à 5 %, comparativement à plus de 90 % pour l’uranium de qualité militaire.

Uranium faiblement enrichi (UFE) : Uranium qui a subi un enrichissement afin de porter la teneur en uranium 235 au-dessus du niveau naturel de 7 % en masse, mais à moins de 20 %.

Uranium hautement enrichi (UHE) : Uranium qui a subi un enrichissement afin de porter la teneur en uranium 235 à 20 % ou plus en masse.

Uranium naturel : Uranium dont la teneur naturelle des différents isotopes (99,3 % d’uranium 238, 0,7 % d’uranium 235 et des traces d’uranium 234) n’a pas été modifiée, par exemple par enrichissement. Peut servir de combustible dans un réacteur nucléaire qui utilise de l’eau lourde ou du graphite comme modérateur.

Y

Yellowcake : Terme familier désignant le concentré d’oxydes d’uranium.