Tchernobyl de HBO : Vérification des faits - Association nucléaire canadienne

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Tchernobyl de HBO : Vérification des faits

Le pire accident nucléaire s’est produit en 1986 à la centrale nucléaire de Tchernobyl, à environ 96 kilomètres au nord de Kiev (Ukraine), dans ce qui était alors l’Union soviétique.

Trente‑trois ans plus tard, Tchernobyl est maintenant le nom d’une mini-série HBO acclamée par la critique.

L’enthousiasme doit être accueilli avec un grain de sel : Presque tous les problèmes associés à l’incident de Tchernobyl étaient propres au réacteur de l’ère soviétique et à la réaction opaque du gouvernement.

Événement sans précédent, l’accident de Tchernobyl est survenu dans un complexe de réacteurs rudimentaires qui devenait rare en Union soviétique, et qui n’existe plus du tout.

Réacteur de Tchernobyl versus réacteur CANDU

Il est presque impossible qu’un accident comme celui de Tchernobyl puisse se produire dans une centrale nucléaire commerciale au Canada ou aux États‑Unis.

Le réacteur RBMK de Tchernobyl n’a jamais été construit par un pays autre que l’URSS, car sa conception est défectueuse.

Il se distingue aussi considérablement des réacteurs CANDU canadiens à plusieurs égards, comme le montre le tableau d’Énergie atomique du Canada ltée ci-dessous.

Confinement

Le confinement est un bâtiment étanche à l’air fait de béton et d’acier qui empêche la radioactivité nocive de s’échapper du réacteur en cas d’accident.

Le réacteur de Tchernobyl n’était pas confiné. Le facteur déclencheur de la dispersion généralisée de la radioactivité a été l’énergie libérée par l’incendie dans le modérateur de graphite et l’absence d’une structure de confinement capable de résister à cette énergie.

Les réacteurs CANDU, à l’instar de la plupart des réacteurs de conception occidentale, sont dotés d’une structure de confinement adaptée à un accident majeur de niveau 7, alors leurs modérateurs fonctionnent à l’eau lourde à basse température et à basse pression au lieu de graphite.

Défauts de conception

Tchernobyl ne disposait pas non plus d’autres mécanismes de sécurité qui sont considérés comme équipement standard dans le reste du monde.

La cause de fond de l’accident de Tchernobyl était un défaut de conception du système d’arrêt d’urgence que ne présente aucun autre réacteur au monde.

Les conceptions CANDU et RBMK présentent des différences fondamentales. Les réacteurs CANDU utilisent un modérateur à eau lourde, tandis que les réacteurs RBMK utilisent du graphite. Le graphite peut être un matériau très utile dans la conception d’un réacteur sûr. En revanche, dans une conception instable comme celle du réacteur de Tchernobyl, le réacteur a en fait alimenté l’incendie qui avait suivi l’explosion.

Culture de sécurité

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a conclu qu’il existait un « manque de culture de sécurité » dans les centrales nucléaires de l’ex‑Union soviétique, y compris Tchernobyl.

Tchernobyl témoigne de la médiocrité des matériaux et des techniques de construction de l’ex‑Union soviétique et de l’absence d’une culture de sécurité.

Dans les années précédant l’accident, les gestionnaires ignoraient les règles de sécurité établies par les ingénieurs, afin de pouvoir respecter les quotas de production. Les travailleurs et les cadres subalternes avaient peur de soulever des objections lorsqu’ils voyaient quelque chose qui posait problème.

Retombées sanitaires

En 2006, le Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR) a entrepris une étude de suivi des effets sur la santé.

Parmi le personnel de l’usine et les travailleurs d’urgence exposés aux énormes doses rayonnant du noyau et à la fumée toxique à Tchernobyl, 28 sont morts d’une maladie d’irradiation aiguë.

Le rapport de l’UNSCEAR indique également que Tchernobyl est responsable d’une « part importante » d’environ 6 000 cancers de la thyroïde chez les personnes qui étaient enfants ou adolescents au moment de l’accident. En 2015, 15 cas s’étaient avérés mortels.

« Jusqu’à présent, il n’y a eu aucune preuve probante de tout autre effet sur la santé de la population générale qui puisse être attribué à l’exposition aux rayonnements », a conclu l’étude.

Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) datant de 2005, 4 000 personnes au maximum pourraient encore présenter certains effets néfastes résultant de l’exposition aux rayonnements attribuée au rejet de Tchernobyl (par opposition aux autres sources de rayonnement, comme le rayonnement naturel ou les procédures médicales).

Pour rappel, environ 1 000 personnes meurent chaque année dans les mines de charbon en Chine, environ 2 000 personnes meurent chaque année dans des accidents de la route au Canada et plus de 3 000 personnes meurent chaque année dans des incendies aux États‑Unis.