Pourquoi stocker des déchets nucléaires près du lac Huron? - Association nucléaire canadienne

Déchets

Pourquoi stocker des déchets nucléaires près du lac Huron?

juillet 2015

Ontario Power Generation (OPG) prévoit d’enfouir tous les déchets nucléaires de faible et de moyenne activité sous 680 m de roche et d’argile à proximité de Kincardine, en Ontario. Ce dépôt géologique en profondeur (DGP) sera situé à environ 1,2 km du lac Huron. La plupart des résidents de Kincardine sont d’accord avec le projet, mais d’autres sont inquiets.

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Alors, pourquoi stocker des déchets nucléaires à cet endroit?

Selon la préoccupation exprimée le plus souvent dans le cadre des consultations publiques, des résidents craignent que des substances nucléaires ne s’échappent de la roche et ne contaminent le lac. Or, la commission d’examen fédérale qui a étudié le projet de DGP affirme dans son rapport (en anglais seulement ) qu’il faudrait environ 10 millions d’années pour que l’eau s’écoule sur une distance d’un seul mètre.

Certains détracteurs du projet craignent qu’un tremblement de terre ne change la donne. Mais la roche dans la région n’a pas bougé depuis un million d’années. De plus, en enfouissant les déchets dans la roche, on réduit le risque puisqu’un DGP serait à l’abri des dangers à la surface, par exemple une inondation.

Les détracteurs s’inquiètent également de la radioactivité des substances nucléaires stockées dans le DGP de Kincardine. Or, on n’y stockera pas de combustible nucléaire irradié – seulement des déchets de faible et de moyenne activité, par exemple des vadrouilles, des vêtements protecteurs, des filtres à eau ou des pièces mécaniques remplacées. Ces articles sont beaucoup moins radioactifs que le combustible irradié. De plus, la radioactivité diminue avec le temps. D’après la commission d’examen conjoint, le rayonnement émis par les déchets de moyenne activité aura diminué d’environ les trois quarts 100 ans après la fermeture du dépôt.

Certaines personnes redoutent une stigmatisation en raison de l’enfouissement de déchets nucléaires à proximité. Et certains membres de Premières Nations estiment que le DGP réduira la valeur spirituelle de la Terre ou violera leurs droits issus de traités. Il faut apaiser ces préoccupations, car l’acceptation par la population est essentielle. OPG prévoit de continuer à dialoguer avec la collectivité.

La mairesse de Kincardine, Anne Eadie, a exprimé le point de vue de sa collectivité : « Nous vivons ici. Nous sommes préoccupés par la sûreté nous aussi et nous sommes très attachés à notre lac. Nous sommes convaincus que le projet a été examiné avec toute la diligence nécessaire. »

William Leiss, qui a dirigé une évaluation du risque (en anglais seulement) associée à quatre méthodes de gestion des déchets nucléaires, abonde dans le même sens : « L’aménagement d’une cavité en profondeur dans la roche sédimentaire sur le site de Kincardine constitue de loin l’option la plus sûre pour le stockage des déchets de faible et de moyenne activité. À mon avis, il est extrêmement improbable que le rayonnement émis par les déchets s’échappe un jour de cette cavité. »