Les centrales nucléaires peuvent-elles résister aux attentats terroristes? - Association nucléaire canadienne

La sûreté

Les centrales nucléaires peuvent-elles résister aux attentats terroristes?

juillet 2014

Plane

Depuis 2001, une grande partie du monde occidental vit avec ce que l’on appelle « la nouvelle normalité », qui a émergé dans l’ombre des attentats du 11 septembre.

Des mesures de sécurité renforcées dans les aéroports, aux frontières et dans les grands événements publics sont devenues la norme dans ce nouveau mode de vie.

Les médias mentionnent souvent que les installations nucléaires constituent des cibles potentielles pour les terroristes du fait qu’elles font partie d’une infrastructure essentielle.

Peu après septembre 2001, les médias se sont abondamment livrés à des spéculations, en particulier aux États-Unis, concernant la possibilité que des terroristes détournent un avion de ligne commercial pour foncer dans un réacteur nucléaire afin de provoquer la fusion de son cœur.

Selon les conclusions d’une étude publiée en 2002 par le Nuclear Energy Institute des États-Unis, « les structures qui abritent le combustible nucléaire sont robustes et le protégeraient contre l’impact d’un gros avion commercial ».

Au Canada, la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) a également examiné l’hypothèse d’un attentat perpétré contre une centrale nucléaire au moyen d’un avion de ligne et elle a conclu que la population ne serait exposée à aucun risque de radioexposition en pareil cas.

« Le domaine particulier “Robustesse de la conception” couvre la conception physique des installations nucléaires de façon à s’assurer qu’elle est suffisamment robuste pour pouvoir résister aux menaces prévues, comme la protection en cas d’écrasement délibéré d’un avion », affirme la CCSN dans un rapport publié en 2013.

« Les évaluations de ce DSR et les cotes de rendement qui lui sont attribuées sont fondées sur le rendement des titulaires de permis quant au respect des engagements pris auprès du personnel de la CCSN lors d’un échange de lettres, dont la soumission d’évaluations détaillées concernant les écrasements d’avion. Les titulaires de permis ont démontré, à l’aide d’analyses comportant des hypothèses de départ prudentes et des marges de sûreté importantes, que les zones vitales et les SSC critiques sont protégés de façon telle qu’on ne prévoit aucune conséquence à l’extérieur du site dans le cas de l’écrasement d’un appareil de l’aviation générale. »

Même avant septembre 2001, les réacteurs nucléaires américains comportaient d’épaisses parois de béton pour résister à des séismes de grande magnitude et à des vents de la force d’un ouragan.

En 1989, les Sandia National Labs du Nouveau-Mexique ont réalisé un essai pour lequel ils ont projeté dans une paroi de confinement un avion de chasse propulsé par fusée F‑4 à 480 milles à l’heure. L’avion a explosé, mais il a pénétré la paroi à une profondeur de moins de trois pouces. Et il existe une vidéo pour le prouver.

D’accord, un avion ne peut pénétrer un réacteur par le côté. Mais qu’en serait-il s’il plongeait directement sur le dessus du réacteur?

Ce scénario a fait l’objet d’une étude du Nuclear Energy Institute. Voici la conclusion à laquelle sont arrivés ses auteurs :

« L’envergure du Boeing 767‑400 (170 pi) – appareil utilisé dans les analyses – est légèrement plus grande que le diamètre d’une enceinte de confinement type (140 pi). Les moteurs de l’appareil se trouvent à une distance d’environ 50 pi l’un de l’autre. Par le fait même, il est impossible qu’un moteur et le fuselage frappent la ligne de milieu de l’enceinte ».

« Les auteurs de l’étude ont donc effectué deux analyses pour évaluer respectivement la force de l’impact « local » d’un moteur sur la structure et la force de l’impact « global » de la masse entière de l’appareil sur la structure. Dans les deux cas, les analyses reposaient sur l’hypothèse prudente selon laquelle le moteur et le fuselage heurteraient perpendiculairement la ligne de milieu de manière à maximiser dans chaque cas la force exercée sur la structure au moment de l’impact.

« Les analyses ont montré qu’aucune pièce du moteur, du fuselage ou des ailes – ni le carburant de l’avion – n’était entrée dans l’enceinte de confinement. Il y a eu du béton effrité (écaillement au point d’impact), mais la robuste structure de confinement est demeurée intacte. »