Préparation aux situations d’urgence - Association nucléaire canadienne

Préparation aux situations d’urgence

La possibilité d’un accident majeur dans une centrale nucléaire canadienne est très faible, mais l’industrie reconnaît l’importance de se préparer à cette éventualité. En collaboration avec la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), des partenaires industriels adoptent et mettent régulièrement à jour les mesures de préparation aux situations d’urgence afin qu’elles reflètent les pratiques exemplaires utilisées partout dans le monde. Le but est de protéger la santé et la sécurité des Canadiens ainsi que l’environnement et l’intégrité de l’alimentation en électricité du Canada.

Dans le cadre de l’examen effectué par l’industrie à la suite de l’accident de Fukushima en 2011, la CCSN a examiné le plan d’urgence des centrales nucléaires canadiennes. Elle a affirmé : « Le Groupe de travail de la CCSN a vérifié qu’il n’y a pas de lacune importante en ce qui concerne la planification des urgences aux centrales nucléaires du Canada. »

Par ailleurs, la CCSN a exhorté les exploitants de centrales à améliorer les plans de gestion des accidents mettant en cause plus d’un réacteur. L’accident de Fukushima Daiichi touchait trois réacteurs. Au Canada, les centrales Pickering A, Pickering B, Bruce A, Bruce B et Darlington comptent chacune quatre réacteurs.

Le gouvernement du Canada a mis à jour Le Plan fédéral en cas d’urgence nucléaire en 2012, après l’accident de Fukushima, mais il n’a pas pleinement mis à l’essai un plan en cas d’urgence nucléaire depuis 1999.

Toutefois, la préparation aux situations d’urgence ne se limite pas à la planification. Loin de là. Par exemple, Ontario Power Generation (OPG) a tenu en mai 2014 un exercice d’urgence de grande envergure à sa centrale Darlington. L’exercice d’intervention unifiée a regroupé les équipes d’intervention d’urgence des gouvernements fédéral et ontarien, des administrations municipales et d’OPG pour vérifier leur capacité à gérer un accident nucléaire.

Certaines mesures de préparation aux situations d’urgence dans les trois provinces où l’on trouve des centrales nucléaires sont présentées en détail ci-après.

Ontario

En 2017, l’Ontario a mis à jour son Plan provincial d’intervention en cas d’urgence nucléaire. Le nouveau Plan définit quatre zones autour de chaque centrale nucléaire.

  • La zone d’intervention automatique s’étend dans un rayon de 3 km autour de la centrale. L’objectif de cette zone est de prévenir ou réduire l’apparition d’effets déterministes graves.
  • La zone de planification détaillée s’étend dans un rayon de 10 km autour de la centrale. Pour toute situation d’urgence, un avertissement doit être donné dans l’ensemble de la zone. De plus, les municipalités doivent distribuer des comprimés d’iodure de potassium aux pharmacies, aux écoles et aux installations de soins de longue durée se trouvant dans cette zone, afin que les résidents puissent les obtenir en tout temps. Cette substance sature la thyroïde, empêchant ainsi l’absorption de l’iode radioactif qui peut causer le cancer.
  • La zone de planification d’urgence s’étend dans un rayon de 10 à 20 km autour de la centrale. La plupart des mesures s’appliquant à cette zone concernent la surveillance des rayonnements et l’information des résidents et des producteurs agricoles.
  • La zone de planification d’ingestion s’étend dans un rayon de 20 à 50 km autour de la centrale. Les plans et mesures sont axés sur la protection de la chaîne alimentaire et des réserves d’eau potable.

En qualité d’entreprise de services publics responsable des trois centrales nucléaires en Ontario, OPG affiche aussi sur son site Web des renseignements détaillés concernant sa préparation aux situations d’urgence.

Nouveau-Brunswick

Le Programme d’urgence nucléaire du Nouveau-Brunswick prévoit une zone de mesures de protection de 20 km autour de la centrale Point Lepreau. Dans l’éventualité improbable d’un accident nucléaire, le système téléphonique d’intervention d’urgence de la province alerterait tous les ménages, les entreprises et les établissements se trouvant dans cette zone.

La province du Nouveau-Brunswick a distribué des comprimés d’iodure de potassium à toutes les résidences dans le rayon de 20 km et elle en conserve une réserve dans les hôpitaux et les postes de police.

La dernière mise à l’essai du Programme d’urgence nucléaire de la province remonte à 2017. En qualité d’exploitant de la centrale Point Lepreau, Énergie NB affiche sur son site Web ses préparatifs d’urgence.

Québec

Le plan des mesures d’urgence nucléaire du Québec prévoit une zone de 8 km autour de la centrale nucléaire Gentilly‑2, située à Bécancour. Il exige la distribution préalable de comprimés d’iodure de potassium aux 10 000 résidents de cette zone. Le plan prévoit également des mesures de contrôle de l’exposition au rayonnement, par exemple l’évacuation et la mise à l’abri.

Le Québec a mis son plan à l’essai en 2005. Le gouvernement provincial a déclassé Gentilly‑2 en 2012, mais Hydro-Québec continue d’assurer l’entretien de la centrale et affiche sur son site Web l’information sur la prévention et la sûreté.