Mesures prises à la suite de l’accident de Fukushima - Association nucléaire canadienne

Mesures prises à la suite de l’accident de Fukushima

Immédiatement après l’accident survenu en mars 2011 à la centrale Fukushima Daiichi, les exploitants des centrales nucléaires canadiennes ont inspecté leurs installations pour vérifier s’ils étaient prêts à faire face à des dangers externes et à des accidents graves.

Avec l’appui de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), les exploitants ont examiné pour chaque centrale le risque de séisme, l’état de préparation en matière de protection incendie ainsi que la capacité d’assurer une alimentation en électricité de secours, de réduire l’hydrogène excédentaire dans la structure de confinement et de maintenir à basse température le combustible irradié.

Les travaux du Groupe de travail de la CCSN ne constituaient que la première vague des études menées au Canada à la suite de l’accident de Fukushima. La CCSN communique l’information aux autres organismes de surveillance de l’industrie nucléaire partout dans le monde et elle continuera d’évaluer pendant des dizaines d’années les effets de cette catastrophe sur la santé. Elle affiche sur la page Fukushima et santé de son site Web les constatations et documents pertinents.

Risque minime de séisme et de tsunami

D’après le Rapport du Groupe de travail de la CCSN sur Fukushima, le risque de tsunami est très faible aux centrales Darlington, Pickering et Bruce Power étant donné qu’elles sont situées sur les rives des Grands Lacs. La stabilité géologique du Bouclier canadien sous-jacent atténue aussi le risque de séisme et de tsunami.

Source : Ressources naturelles Canada.

À la centrale Gentilly-2, qui est située à Bécancour, au Québec, le risque de tsunami est minime. Aucun tsunami n’est jamais survenu dans la région. La source probable de séisme la plus proche, soit la région de Charlevoix, est à une distance de plus de 100 km.

La centrale Point Lepreau, près de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, serait exposée à un risque de tsunami en cas de séisme dans la baie de Fundy ou la baie de Passamaquoddy. Toutefois, rien n’indique qu’un séisme est déjà survenu dans cette région.

Après avoir examiné les rapports d’inspection, le Groupe de travail de la CCSN a conclu que toutes les centrales nucléaires canadiennes respectent ou dépassent les exigences en matière de sûreté relatives à leur conception. Elle a par ailleurs fait état de préoccupations mineures, en particulier le fait que des analyses n’avaient pas encore montré qu’il serait possible de faire passer un réacteur d’un état pressurisé chaud à un état dépressurisé froid et de le maintenir dans cet état pendant une longue période en cas de défaillance du système de refroidissement du cœur.

Recommandations en matière de sûreté

portable power generators

Groupes électrogènes portatifs faisant partie de l’équipement d’urgence d’une centrale nucléaire. Source : Bruce Power.

Depuis l’examen, les exploitants des centrales nucléaires et d’autres installations nucléaires majeures ont travaillé d’arrache-pied pour mettre en œuvre les recommandations de la CCSN. Ces recommandations ciblaient quatre domaines d’intervention :

  • renforcer chacune des couches de défense contre les accidents graves;
  • améliorer les interventions en cas d’urgence;
  • améliorer le cadre réglementaire et le processus d’autorisation;
  • améliorer la collaboration internationale.

La CCSN a fixé des dates butoirs pour la mise en œuvre de ses recommandations dans les centrales nucléaires – à court terme (décembre 2012), à moyen terme (décembre 2013) et à long terme (décembre 2015). À l’exception d’une action qui était reculée à fin mars 2016, toutes les dates butoirs ont été respectées.

La CCSN a constaté que les installations nucléaires qui ne sont pas des centrales ne sont pas aux prises avec le problème de refroidissement du combustible auquel font face les centrales. Néanmoins, elles aussi ont dû se soumettre aux évaluations en matière de sûreté prévues dans les mêmes délais à court et à moyen terme et une autre avant la date butoir de décembre 2016.

 

Exigences pour les centrales nucléaires

Chaque centrale a effectué une évaluation pour déterminer comment elle réagirait dans l’éventualité improbable d’un accident empêchant d’utiliser tous les circuits de refroidissement. Les résultats varient d’une centrale à l’autre, mais on observe quelques constantes :

  • Les tubes de force dans lesquels se trouvent les grappes de combustible nucléaire pourraient céder plus tôt qu’on le prévoyait à la lumière des analyses antérieures.
  • Il est possible que l’on doive accroître l’autonomie des blocs d’alimentation pour l’équipement d’instrumentation et de commande.
  • Les vannes de décharge qui évacuent dans l’enceinte de confinement la vapeur du caloporteur surchauffé ne pourraient peut-être pas jouer pleinement leur rôle.
  • Les exploitants devraient pouvoir modéliser des accidents graves dans des centrales à plusieurs tranches au lieu de se concentrer sur les accidents touchant un seul réacteur.
  • Les centrales devraient envisager de renforcer leur capacité à remplacer l’eau qui fuit de leur piscine de stockage du combustible irradié.

Examen de la réglementation

La CCSN a conclu qu’il n’était pas nécessaire de revoir le cadre réglementaire et les processus d’autorisation du gouvernement du Canada à la lumière de l’accident de Fukushima. Toutefois, elle estime qu’il y a lieu d’améliorer dix aspects de son propre cadre de réglementation et ainsi que ses fonctions de communication et d’éducation du public.