Déchets - Association nucléaire canadienne

Déchets

L’activité industrielle dans les mines d’uranium, les centrales nucléaires, les établissements de recherche et les établissements médicaux crée des déchets radioactifs, c’est-à-dire essentiellement tout solide, liquide ou gaz post-production renfermant des substances qui émettent un rayonnement. Une certaine quantité de déchets radioactifs est inévitable, mais le volume de déchets réel est relativement faible. Une gestion responsable permet de ramener à un niveau acceptable tout risque connexe.

Types de déchets

Janitor mopping factory floor

Les vadrouilles utilisées dans des centrales nucléaires sont considérées comme des déchets de faible activité.

Essentiellement, les réacteurs nucléaires et les procédés industriels génèrent trois types de déchets radioactifs :

  • Déchets de faible activité : les articles comme les vadrouilles, les chiffons, les balayures, les palettes en bois, les gants, les salopettes et les autres vêtements de protection, qui peuvent avoir été contaminés par contact ou exposition dans un milieu de travail où l’on utilise des substances radioactives. Au Canada, la plupart des déchets radioactifs sont de faible activité.
  • Déchets de moyenne activité : les articles légèrement plus radioactifs que les déchets de faible activité qui ont été en contact plus direct avec des substances radioactives, par exemple les filtres utilisés pour assurer la propreté des circuits dans un réacteur nucléaire ou les composants de réacteur qui ont été remplacés.
  • Déchets de haute activité : le combustible irradié généré par les réacteurs nucléaires des centrales encore chaud, hautement radioactif et potentiellement nocif. Les grappes de combustible irradié renferment des pastilles d’uranium qui ont servi à déclencher la réaction nucléaire nécessaire à la production d’électricité.

Les méthodes de protection requises varient selon le type de déchets radioactifs. Les déchets de faible activité présentent un risque si faible que l’on peut les manutentionner sans danger. Les déchets de moyenne activité sont généralement stockés dans des contenants en béton gainés d’acier. Enfin, les déchets de haute activité requièrent des procédures plus rigoureuses.

Déchets des mines et des usines de concentration d’uranium

Bien entendu, l’uranium utilisé dans l’industrie nucléaire est extrait du roc, mais le minerai d’uranium qu’il contient n’est pas toujours assez abondant pour assurer la viabilité économique. Par conséquent, le minerai renfermant de l’uranium à l’état de trace n’est pas traité. En outre, il faut concentrer le minerai d’uranium. Or, tous les procédés de concentration génèrent des résidus, qui renferment également une quantité d’uranium à l’état de trace.

Il n’est pas viable économiquement de concentrer l’uranium à l’état de trace. Par ailleurs, les roches ayant une si faible concentration d’uranium présentent un risque d’exposition minime. C’est pourquoi on stocke généralement les stériles en surface, près de la mine, en prenant les mesures de précaution appropriées pour protéger les personnes et l’environnement. Les résidus des usines de concentration sont stockés en permanence dans des installations conçues et construites avec le plus grand soin, généralement dans un rayon de quelques kilomètres de l’usine de concentration. Ces installations de stockage permanentes, appelées « bassins de retenue des résidus », peuvent être aménagées derrière des barrages artificiels ou des dépressions naturelles.

Mill tailings

L’installation de gestion des résidus miniers JEB, dans le nord de la Saskatchewan, est un puits épuisé où les résidus miniers sont stockés sous l’eau. Source : CCSN.

Déchets accumulés

Le Canada a élaboré ses propres mesures de contrôle rigoureuses pour gérer les déchets radioactifs sur plusieurs dizaines d’années. Or, les premières activités nucléaires ont eu lieu avant que ces mesures soient pleinement en place. C’est ce qui explique une contamination du sol à l’uranium et au radium sur plusieurs sites dans les Territoires du Nord-Ouest, en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario. Cette contamination est attribuable en partie aux procédés industriels, comme la production de cadrans radioluminescents à Toronto, les opérations de raffinage à Port Hope et à Clarington, en Ontario, ou le transport de minerai via les quais et les rampes de mise à l’eau dans les Territoires du Nord-Ouest.

Uranium ore in NWT

Sacs de minerai d’uranium dans les Territoires du Nord-Ouest avant leur transport vers Port Hope. Source : Initiative de la région de Port Hope.

Dans les cas où on n’a pu obtenir du propriétaire initial qu’il assure la remise en état du site, c’est le gouvernement du Canada qui en a assumé la responsabilité. La remise en état consiste à ramener à un niveau acceptable le risque d’exposition au rayonnement pour les personnes et l’environnement, généralement à la suite de consultations auprès des collectivités pouvant être touchées. Le procédé de remise en état, qui varie selon le type de déchets, les risques en découlant et l’environnement, peut consister à recouvrir le sol contaminé, à confiner les déchets ou à les transporter vers des zones à plus faible risque.